
Les Haïtiens occupent une place importante dans le domaine de la santé aux Etats-Unis d’Amérique. Pas moins de 112,000 y investissent leur savoir-faire. Alors que les autorités judiciaires analysent à la loupe les arguments selon lesquels le gouvernement envisage la fin du TPS, plusieurs associations lancent un cri d’alarme laissant entrevoir le désastre qu’occasionnerait l’application d’une telle mesure.
Dans l’Etat du Massachusetts, près de 45,000 Haïtiens détenteurs du fameux TPS attendent le verdict des juges de la cour suprême. Selon les informations relayées par Catholic Charities, jusqu’à 40% des aides à domicile du Commonwealth, ainsi qu’une grande partie de son personnel de soins de longue durée, sont fournis par des étrangers originaires d’Haïti.
Dans un récent rapport publié par les sénateurs Elizabeth Warren, Edward Markey et le député Ayanna Pressley, plusieurs associations lancent un cri d’alarme face à la velléité de l’administration fédérale de priver les Haïtiens du statut de protection temporaire. «LeadingAge », cité dans le document, rapporte que « la fin du TPS et l’incertitude persistante entourant le statut migratoire des détenteurs du TPS limitent l’accès aux soins et affaiblissent la capacité des prestataires… » Cette association à but non lucratif dédiée au soutien du travail des prestataires de services aux personnes âgées, indique que le secteur des soins de longue durée est déjà soumis à une forte pression. Une éventuelle révocation du TPS pour Haïti ne ferait qu’aggraver davantage cette situation.
Hautement préoccupée, “LeadingAdge” a souligné le rôle essentiel des travailleurs bénéficiant d’un statut temporaire aux côtés des personnes âgées. Cette institution regroupe plus de 5 300 prestataires de services pour personnes âgées à travers le pays.
L’une des préoccupations majeures exprimées dans ce rapport c’est la perte de soignants expérimentés dans ce secteur confronté à de graves pénuries de main-d’œuvre. Ces derniers, en offrant leurs services aux nécessiteux sur un temps donné, ont développé des relations stables avec leurs patients, des liens jugés essentiels à la qualité des soins qui leur sont fournis et à leur dignité.
La perte de ces travailleurs, en plus d’un taux de postes vacants estimés à 13%, s’agissant des soins directs, entraverait la qualité des services offerts aux résidents et à la capacité opérationnelle des institutions. C’est ce que révèle « Massachusetts Senior Care Association ». Prenant en charge plus de 100 000 personnes, celle-ci administre près de 350 établissements.
La « National Domestic Workers Alliance » a, pour sa part, cité des estimations selon lesquelles 13 000 haïtiens détenteurs du statut TPS travaillent en tant qu’aides-soignants, prenant en charge environ 65 000 patients chaque jour. Alors qu’environ 8 000 aidants s’occupent de 12 000 enfants et membres âgés de leur famille. Ces dynamiques de main-d’œuvre sont particulièrement marquées dans les milieux de soins aux personnes en situation de handicap, où l’établissement de relations stables et durables entre les aidants et les bénéficiaires est essentiel au maintien de la stabilité, de la sécurité et de la qualité de vie.
Le rapport parlementaire indique que la pression exercée par le gouvernement fédéral pousse les personnes concernées à réduire leurs heures de travail. Dans certains cas, elles perdent leur emploi ou, par peur, abandonnent le secteur de la santé au profit d’autres domaines professionnels.
« La quasi-totalité des travailleurs ont perdu leur emploi à cause de ce qui se passe avec l’immigration. Beaucoup d’entre eux se sont reconvertis dans le ménage, car ils n’ont plus la possibilité de travailler dans les soins à domicile. Certaines personnes… occupaient le même poste depuis dix ans et l’ont perdu. Et ce que l’on perd, ce sont des travailleurs expérimentés. En conséquence, la qualité des soins prodigués aux patients se trouve dégradée. »
Plus 300 000 Haïtiens détiennent le statut de Protection Temporaire à travers le pays. Ils sont nombreux à recourir à une demande d’asile, comme stratégie, en vue d’obtenir un statut légal permanent. En agissant ainsi, ces derniers cherchent à se protéger des menaces d’expulsion. Car le gouvernement américain a précédemment tenté de mettre fin à cette protection. Cette tentative a été bloquée par des procédures judiciaires. En attendant qu’un jugement définitif soit prononcé, la protection des immigrants concernés demeurent en vigueur.
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